ROMAN QUÉBECOIS
Le meilleur de Pauline Gill
MARIO DUFRESNE
COLLABORATION SPÉCIALE
Pauline Gill m’avait un jour confié qu’elle s’est toujours sentie investie d’une sorte de mission lorqu’elle entreprend de publier un livre. Un besoin de trouver la vérité, bien souvent au-delà des apparences, ce qui est normal lorsqu’on est historienne. Elle m’avait parlé de l’urgence de rendre justice à ces personnages qu’elle fait revivre. C’était vrai pour La cordonnière, pour Les Enfants de Duplessis aussi et c’est encore plus vrai ici pour Irma LeVasseur. Héroïne oubliée à qui L’on doit pourtant la fondation des hôpitaux Sainte-Justine à Montréal et Enfant-Jésus à Québec, notamment. La première Québécoise à avoir exercé la médecine.
Tout un parcours, lorsque l’on pense qu’il était impossible pour une femme d’entrer dans une faculté de médecine francophone au pays, à l’aube du XXe siècle. Ce parcours conduira la jeune fille de 17 ans jusque dans le Minnesota, à l’Université Saint-Paul. |

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Tout au long de sa vie, Irma poursuivra deux quêtes : soigner les enfants et retrouver sa mère, cantatrice de talent partie à New York poursuivre sa carrière. Dans un cas comme dans l’autre, la jeune fille de Saint-Roch ne l’aura pas facile. Or, déterminée, Irma se convainc que tout passera par la médecine.
Au Québec, elle ne peu exercer sa profession. Il lui faut l’autorisation officielle du collège des médecins et chirurgiens du Québec pour avoir le droit de pratiquer. Son acharnement fera en sorte que le Parlement votera une loi afin de lui permettre de passer les examens.
Elle sera de toutes les luttes concernant les enfants. Elle dirigera, entre autres, un comité qui aura pour manda de venir en aide aux « mères nécessiteuses » afin d’enrayer la malnutrition chez les enfants. Un peu plus tard, elle persuadera Justine Lacoste de l’importance pour le Québec de se doter d’un hôpital pour enfants qui, auparavant, n’avaient pour ainsi dire aucune chance d’être soignés avant l’age de cinq ans.
C’est à cette femme que Pauline Gill a voulu redonner la place qu’elle doit occuper dans l’histoire. Un an avant le centenaire de l’hôpital Sainte- Justine. Deux ans et demi de recherches et presque une année entière d’écriture pour y arriver. Avec un style très moderne, des phrases courtes, sans mots inutiles let toujours justes, pour la première fois, je crois, l’historienne et la romancière sont nez a nez au fil d’arrivée. Vraiment le meilleur de Pauline Gill.
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